L’intralogistique entre maturité technologique et exigence opérationnelle

Le stand Daher au salon SITL 2026

Par Stéphane Mazot, expert en transitique et solutions automatisées chez Daher

L’entrepôt du futur ne se décrit plus : il se met à l’épreuve, en conditions réelles. L’édition 2026 du Salon International du Transport et de la Logistique (SITL) en a offert une démonstration très concrète, en confirmant son statut d’observatoire privilégié des transformations à l’œuvre dans la supply chain.

20/05/2026

Mais au-delà de la profusion de solutions présentées, ce sont surtout des tendances de fond qui s’imposent. L’intralogistique – autrement dit la gestion et l’optimisation des flux internes d’un site logistique ou industriel – a changé de régime : elle est désormais entrée dans une phase de maturité où la performance ne se joue plus sur la seule promesse technologique, mais sur la qualité d’intégration dans des environnements opérationnels complexes et existants.

Une convergence assumée entre automatisation, data et agilité

Premier constat : la convergence des approches. Là où il y a quelques années les innovations étaient encore présentées en silos, les solutions s’inscrivent désormais dans des architectures globales, combinant automatisation, robotique et pilotage intelligent.

Les systèmes automatisés de stockage (ASRS), les robots mobiles autonomes (AMR) et les véhicules à guidage automatique (AGV) ne sont plus des briques juxtaposées : ils s’intègrent dans des logiques d’ensemble, pilotées par la donnée et interconnectées via des couches logicielles de plus en plus sophistiquées. Dans le même mouvement, la digitalisation progresse avec l’émergence de jumeaux numériques capables de modéliser, simuler et optimiser en continu les opérations logistiques.

Cette évolution marque un basculement net : la performance ne dépend plus uniquement des équipements, mais de la capacité à orchestrer les flux en temps réel et à rendre l’ensemble fiable, exploitable et évolutif.

Trois leviers structurants pour l’intralogistique

Les solutions observées convergent autour de trois leviers majeurs.

Le premier est celui de la densification et de la flexibilité du stockage. Face à la pression foncière et à la variabilité des volumes, les systèmes doivent concilier compacité, évolutivité et rapidité d’accès, sans compromettre la robustesse opérationnelle.

Le deuxième concerne l’automatisation mobile. Les robots ne peuvent plus être conçus pour un entrepôt idéal : ils doivent s’insérer dans des environnements existants, cohabiter avec les opérateurs, absorber les aléas et fonctionner dans des contextes hybrides, en intérieur comme en extérieur.

Le troisième levier est celui de la donnée. L’accès à une information fiable et exploitable en temps réel devient central pour piloter les opérations : il conditionne la visibilité, l’anticipation des écarts et la qualité des décisions. L’intralogistique devient ainsi de plus en plus “data-driven”.

Des innovations concrètes, centrées sur l’usage

Plusieurs solutions présentées au SITL 2026 illustrent cette évolution.
Dans un écosystème particulièrement riche, le choix a été fait ici de se concentrer sur trois entreprises françaises, dont les approches traduisent à la fois la maturité du secteur et sa capacité d’innovation.

Ces trois acteurs illustrent chacun, à leur manière, les leviers structurants de l’intralogistique contemporaine : stockage, robotique mobile et pilotage par la donnée.

Avec LUCI-Flow™, FIVES propose une approche intégrée du stockage robotisé, combinant les avantages des systèmes shuttle et des architectures goods-to-person basées sur AMR. L’enjeu est clair : densifier sans rigidifier, maintenir des cadences élevées tout en simplifiant l’exploitation grâce à une orchestration logicielle centralisée.

FORX s’inscrit dans une logique différente, mais complémentaire, en développant une robotique mobile volontairement sobre et directement opérationnelle. Son gerbeur AMR non connecté répond à un besoin terrain précis : automatiser les flux palettes sans complexifier inutilement les systèmes. Le développement du robot FX02, capable d’évoluer en intérieur comme en extérieur, illustre cette volonté d’élargir les cas d’usage tout en conservant une approche pragmatique.

MONSTOCK explore quant à lui le champ de l’inventaire automatisé avec sa solution Smart Drone. En combinant drone autonome, vision embarquée et intelligence artificielle, la solution vise à automatiser les inventaires, fiabiliser la donnée stock et alimenter une réplique numérique de l’entrepôt. Cette production continue de données ouvre des perspectives concrètes en matière de pilotage opérationnel.

 

Une innovation plus mature, plus pragmatique

Au-delà de ces exemples, le SITL 2026 confirme une évolution de fond : l’innovation intralogistique devient plus mature, donc plus pragmatique.

Le focus sur ces trois entreprises françaises met en lumière une dynamique particulièrement forte : une capacité à concilier excellence technologique, reconnaissance du marché et réponse concrète aux besoins opérationnels.

Les solutions ne cherchent plus à démontrer une performance théorique, mais leur capacité à s’intégrer rapidement, à cohabiter avec l’existant et à produire des gains mesurables. Cette maturité se traduit par une attention accrue portée à la fiabilité des systèmes, à la simplicité de déploiement et à l’interopérabilité, autant de critères déterminants en phase d’exploitation.

Dans ce contexte, la valeur ne réside plus uniquement dans la technologie, mais dans la pertinence de son intégration et sa capacité à répondre à des problématiques opérationnelles concrètes.

Daher : une approche systémique et orientée client

C’est dans cette logique que s’inscrit la participation de Daher au SITL 2026.

Avec une approche résolument orientée solutions, le Groupe met en avant une vision pragmatique de l’entrepôt de demain, fondée sur l’intégration de technologies complémentaires au service de la performance opérationnelle.

La maquette pédagogique présentée sur le stand, développée et exploitée par les équipes Log’in by Daher, illustre concrètement cette capacité à concevoir et opérer des entrepôts complexes intégrant plusieurs technologies. Visible toute l’année sur le site de Cornebarrieu, elle constitue un support tangible pour appréhender les enjeux d’intégration et d’interopérabilité.

Cette approche a permis d’engager des échanges très concrets avec les visiteurs autour de l’intégration des robots mobiles, de l’automatisation du stockage, de la gestion des flux omnicanaux et de l’interopérabilité des systèmes.

La participation de Ryad Dib, directeur de l’ingénierie logistique chez Daher, à la table ronde « Les entrepôts rêvent-ils d’humanoïdes électriques ? » est venue compléter cette démonstration en apportant une lecture prospective des évolutions du secteur, tout en les replaçant dans la réalité des contraintes industrielles.

Intervention de Ryad Dib, directeur de l’ingénierie logistique chez Daher pendant la table ronde « Les entrepôts rêvent-ils d’humanoïdes électriques ? » au SITL 2026
Intervention de Ryad Dib, directeur de l’ingénierie logistique chez Daher pendant la table ronde « Les entrepôts rêvent-ils d’humanoïdes électriques ? » au SITL 2026

Conclusion

Le SITL 2026 confirme que l’intralogistique entre dans une nouvelle phase.

Les technologies sont désormais disponibles et capables de répondre à des enjeux complexes. Le véritable différenciateur se situe désormais dans leur intégration, leur pilotage et leur capacité à tenir leurs promesses dans la durée, au contact des contraintes réelles des industriels.

C’est précisément sur ce terrain que se crée la valeur.

 

#Intralogistique #SmartLogistics #ExpertbyDaher

Remontée news

Voir toutes les actualités