Drone MALE : la vitesse comme nouveau facteur de souveraineté

Comment développer plus vite les capacités dont les forces ont besoin, sans sacrifier la performance ni la souveraineté ? C’est la question qui a animé la conférence « Les drones MALE, un enjeu stratégique pour la souveraineté européenne », organisée à Eurosatory 2026.

02/07/2026

À travers les échanges entre l’Armée de l’air et de l’espace, la Direction générale de l’armement (DGA), Thales et Daher, un constat s’est imposé : face à l’évolution rapide des menaces, la capacité à accélérer l’innovation, l’industrialisation et l’adaptation des systèmes devient un avantage stratégique majeur.

Pour le Général de corps aérien Dominique Tardif, Major général de l’Armée de l’air et de l’espace, l’enjeu est clair : « L’accélération est vitale. » Les conflits récents démontrent que la supériorité opérationnelle repose désormais sur la rapidité avec laquelle les forces sont capables d’exploiter le renseignement, de prendre des décisions et de faire évoluer leurs équipements. « Il faut que les plateformes puissent s’adapter très rapidement et à moindre coût », a-t-il souligné.

Cette évolution conduit également l’État à revoir ses méthodes d’acquisition. André Sallat, directeur de l’Unité de management Combat infovalorisé, renseignement, cyber, espace et aéronefs de missions (CIRCEA) à la DGA, a expliqué que l’objectif n’était plus de lancer des développements longs et complexes, mais de faire émerger rapidement des solutions capables d’intégrer les technologies disponibles et de répondre concrètement aux besoins opérationnels. « On veut plutôt travailler sur ce qu’on peut appeler du System Readiness Level », a-t-il indiqué, en privilégiant la démonstration, l’intégration rapide et les cycles courts de développement.

Répondre aux contraintes de délai

C’est précisément sur ce terrain que Daher fait valoir ses atouts. Le Groupe défend une approche fondée sur deux piliers : son savoir-faire d’avionneur certifié et sa capacité industrielle. Plutôt que de repartir d’une feuille blanche, Daher s’appuie sur une plateforme aéronautique éprouvée, sur une chaîne d’approvisionnement existante et sur des processus industriels déjà maîtrisés.

« En partant d’une plateforme existante et en intégrant des briques technologiques matures, quasi sur étagère, cela nous permet d’aller vite et de répondre aux contraintes de délai imposées par les forces », a expliqué Pascal Laguerre, Chief Technology Officer de Daher. « Nous ne partons pas d’un PowerPoint ; nous partons d’un produit réel, d’un système de production et d’une supply chain que nous connaissons déjà. »

Cette philosophie se concrétise avec EyePulse, le démonstrateur de drone MALE souverain développé par Daher en partenariat avec Thales en moins de six mois. Réalisé à partir d’une plateforme aéronautique certifiée, le démonstrateur a effectué avec succès un premier vol en novembre 2025.

Le programme s’inscrit dans une logique d’industrialisation rapide, avec l’ambition de transformer un démonstrateur technologique en capacité opérationnelle dans des délais resserrés. Le système étudié vise notamment une endurance pouvant atteindre une vingtaine d’heures en mission ISR (Intelligence, Surveillance & Reconnaissance), une architecture modulaire et une masse maximale au décollage proche de cinq tonnes.

Des architectures ouvertes et évolutives

Au-delà de la plateforme elle-même, la conférence a également mis en lumière l’importance des architectures ouvertes et évolutives. Les futurs drones devront être capables d’intégrer rapidement de nouveaux capteurs, de nouvelles fonctions ou encore des briques d’intelligence artificielle, sans remettre en cause l’ensemble du système.

« Nous avons besoin d’infrastructures plus ouvertes, de standards et de solutions plug-and-play », a rappelé Florent Chauvancy, Vice-President Flight Avionics chez Thales. Selon lui, cette approche est indispensable pour permettre l’évolution rapide des capacités tout en maîtrisant les coûts et les délais.

Cette agilité technologique rejoint la vision défendue par Daher. « C’est comme en informatique. Livrer une V0 couvrant 80 % du besoin pour 50 % du coût est parfois préférable à un produit parfait qui arrivera trop tard et risque d’être obsolète », a résumé Pascal Laguerre. Dans un environnement où les retours d’expérience opérationnels font évoluer en permanence les besoins, la capacité à adapter rapidement un système devient aussi importante que la performance initiale.

Au final, cette conférence a illustré une transformation profonde de l’industrie de défense : le rapprochement entre forces armées, DGA et industriels afin de raccourcir les cycles d’innovation et d’accélérer la mise à disposition de nouvelles capacités.

Pour Daher, cette évolution valide la pertinence d’un modèle unique qui combine expertise aéronautique, maîtrise de la certification et puissance industrielle. Un modèle qui permet non seulement de concevoir un drone, mais surtout de l’industrialiser, de le faire évoluer et de le produire à l’échelle requise par les enjeux de souveraineté européens.

À travers EyePulse, Daher démontre que l’enjeu n’est pas seulement de concevoir le drone de demain, mais d’être capable de le développer, de l’industrialiser et de le faire évoluer au rythme des besoins des forces. Un positionnement qui s’appuie sur ce qui fait la singularité du Groupe : l’alliance d’une expertise d’avionneur et d’une puissance industrielle reconnue.

Check our news

Voir toutes les actualités